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jeudi 30 décembre 2010

Les métiers du football (épisode six)

Red Star 1971-73


Saison 71-72. Le Red Star évoluant en 1e Division a besoin d’un défenseur central et fait appel à mes services, j’arrive à leur rendez-vous avec une béquille ; ils me font passer un examen et accepte de m’engager seulement pour une saison, mais comme ils n’ont pas d’indemnités de transfert à verser étant libre de tout engagement, il triple mon salaire. Nous achetons un appartement à Montmorency. Malheureusement je ne vais être opérationnel qu’au mois de Janvier. Le Club est en mauvaise position quand je reprends du service, mais m’étant reposé plusieurs mois je suis frais et en pleine forme, en plus José Farias reprend le club et me fait confiance d’entrée, nous entamons une remontée au classement pour finir en bonne position. Le Club me prolonge mon contrat d’un an avec une augmentation substantielle. A l’intersaison je passe mon diplôme d’entraineur à l’INS avec succès.

La seconde saison est plus difficile, pas de vacances avec mon stage d’entraineur, l’équipe est jeune, les résultats sont moins bons, bien que deux saisons deux quarts de finale de coupe de France. C’est la descente, mais l’équipe remontera l’année suivante.

Stade Malherbe de Caen 1973-1979


Trente trois ans place au jeunes !! Avec le Stade Malherbe une autre aventure commence. J’ai plusieurs contact mais le Stade Malherbe me parait la plus intéressant, il vient de descendre en seconde division et Emile Rumelhart a un contrat jusqu’à la fin de saison, il y a la possibilité de passer entraineur ayant mon diplôme en poche et également financièrement. Les résultats n'étant pas à la hauteur des espérances du club, on me propose de prendre en charge l'équipe première, Rumelhart restant l'entraîneur du club jusqu'à la fin de la saison.
Nous terminons la saison sans pouvoir accéder à la montée et en plus, je suis victime d'une hernie discale et je suis obligé de me faire opérer.

Saison 1974-75. Le Club tient ses engagements et je signe un contrat d'entraîneur pour une année avec montée impérative pour que mon contrat puisse être prolongé. Deux très bons joueurs viennent renforcer notre effectif : Eric Lhoste et Jean-Paul Bouffandeau. Nous finissons premier du Groupe Ouest et remontons en seconde division. Je joue quelques matches pour pallier aux absences au milieu ou en défense.

Saison 1975-76 Pierre Bourdel m'avait parlé d'un certain Antic dont le SCO ne souhaitait pas renouveler le contrat. Il m'avait dit : "Tu verras son pied gauche, c'est comme une main". Allez... Banco ! Le club fait un effort financier et nous l'engageons et, avec lui en appoint, Daniel Solas qui était libre de tout contrat et que je connaissais pour l'avoir cotoyé sur les terrains. Début de saison poussif. En plus, lors du déplacement à Dunkerque, mon milieu défensif Yannick Carreau se marie et hop je reprend du service et nous allons gagner à Dunkerque 1 à 0. Ce fut l'élément déclencheur. Le match suivant, je me suis effacé avec le retour de mon jeune marié et nous battons Sedan 5 à 0. Nous avions en seconde division le statut d'amateur et nous nous entraînions en dehors du travail quelquefois le matin à 6h30 à la méthode Sedanaise de Dugauguez. Nous terminons la saison derrière Rennes et Laval qui accèdent à la 1e Division. Ces résultats, nous le devons en grande partie à Bojko Antic (l'ancien du SCO) qui nous a fait une saison exceptionnelle. Pour l'anecdote, nous avions dans notre poule Noeux-les-Mines qui avait comme entraîneur un certain Gérard Houiller...France Foot nous nomme meilleure équipe amateur française.

Après d'aussi bon résultats, le club me propose un contrat de trois ans...Nous vendons l’appartement à Montmorency, quelques bouts de terrain dans l’Ile de ré, un petit emprunt et nous achetons une magnifique maison à Fontaine Epoupefour prés de l’endroit où nous étions en location. c'est à partir de là que les choses ont commencé à se gâter !

Saison 76-77 Bojko Antic ne refait pas la même saison et nous réussissons à nous maintenir en seconde division qu'à la dernière journée contre Lorient, le vaincu de ce match descendant en CFA. Pour la petite histoire, l'entraîneur est Louis Hon que j'ai eu la fameuse année de deuxiéme division au SCO.

Saison 77-78 Le départ d'Antic, un mauvais recrutement, le début de saison joué à Bayeux pour cause de réfection de notre terrain de Venoix et c'est l'année de la descente.

Saison 78-79. Dernière saison de mon contrat. Objectif : la remontée en seconde division qui échouera. Je prend la décision de ne plus faire d'entraîneur ma profession principale. Je regrette un peu d'avoir renoncé trop rapidement à ce métier, il me semblait qu'il y avait trop de paramètres indépendants de ma volonté qu'ils soient économiques (moyens du club), Les dirigeants, la presse, le public, etc.... mais en fait ils font partis de ce métier, respect à ceux qui ont su résister à ces pressions.

Tous ces transferts n’ont pas trop gêné la scolarité d’Hélène. Maternelle à Montmorency, Primaire à Caen et secondaire, Lycée et Fac à Limoges.

mardi 28 décembre 2010

Les métiers du football (épisode cinq)

Mes 7 ans au SCO d'Angers (3)


L’Histoire de la grève en 69-70 : je vous rappelle : je suis arrivé de La Rochelle à Limoges en Mai 60 pour faire les matches amicaux. J'ai joué avec Remetter, Sauvage, Hatchi pour ne citer que les plus connus. J'ai donc signé un contrat de Stagiaire j'avais le choix entre Lens, St Etienne et Limoges, mais Limoges à l'époque marchait bien en première division . En Juillet 60 départ pour l'armée. Limoges s'arrange pour que j'aille à Montluçon. Pas de possibilité d'entrainement à Montluçon ; J'ai tout de même fait mes début en première division (sans entrainement) au Nîmes de la grande époque. Puis 15 mois d'Algérie et retour à Limoges qui était descendu en seconde Division, deux ans en seconde division et j'étais toujours stagiaire. Lorsque le SCO m'a fait signer en Juillet l'indemnité de transfert est pour moi de 10% et encore parce que j'avais menacé le LFC de revenir à mon club d'origine (seul liberté possible). J'appartenais donc au SCO jusqu'à 35 ans. Dans la saison 1969-70 Les joueurs ont commencé à réfléchir et un peu et à bouger. Un mouvement de grève a pris forme pour obtenir le contrat à temps. On a eu cette fameuse et unique journée de grève, on devait aller à Nîmes par le train et à la Gare le Père "Leduc" nous a fait un show d'enfer pour que l'on fasse ce déplacement... sans résultat, nous sommes restés sur le quai, j'ai cru que Lucien allait pleurer. Le Nîmes de Mézy (capitaine) lui était en place sur le terrain le dimanche à 15h...Ah le "jaune" lorsque j'entends parler de lui j'ai des boutons! l'UNFP à pris le relais, nous avons eu un congrès à Paris et le contrat à temps s'est mis en place. J'ai été un des premiers à en bénéficier en 71 ce qui m'a permis d'être libre a 31 ans et de tripler mon salaire (tu sais bien au SCO on ne peut pas tondre un oeuf..). Par la suite j'ai été représentant de l'UNFP lorsque j'étais au Red Star et des réunions avaient lieu au siège de la FFF pour réorganiser le foot pro français. les représentants de l'UNFP étaient Piat, Bras, Bertrand (père) etc.. Voila une partie de nos actions syndicales!

Saison 70-71 : Classement milieu de tableau saison moyenne. L’arrivée au SCO d’une étoile montante en la personne de Marc Berdoll, on n’a fait que quelques matches ensemble lors de cette dernière saison et j’ai été très touché qu’il m’invite à son jubilé alors qu’on avait été très peu « coéquipier ». Un résultat anecdotique contre Valenciennes : Valenciennes menant 3 à 0 à 20 minutes de la fin du match, on trouve la ressource de leur mettre 5 buts un renversement de situation rarissime !! Le match contre Lyon ou nous étions menés à la mi-temps 2 à 0 et nous gagnons trois à deux et dans les vestiaires après la rencontre on sable le champagne et j’avais un verre plein à la main et un dirigeant me fait une réflexion au sujet de la grève et je lui balance le champagne à la figure, il se baisse et Thierry Rolland qui passait par là le prend en pleine figure…. Mais c’est mon accident de voiture qui pour moi restera le fait marquant de l’année. Au mois de Mai en me rendant à l’entrainement je suis percuté par un camion militaire qui est en faute à 100% donc accident de travail, par chance je venais juste de déposer Hélène à l’école. La voiture sur le toit, des coupures à l’épaule et l’hôpital diagnostique une entorse du genou donc repos, mais toujours pas d’amélioration de l’entorse ! je monte à Paris chez le Professeur Lemaire qui me dit que mon ménisque est brisé qu’il faut opérer. N’ayant plus de valeur marchande le SCO me dit que je peux allez me faire voir ailleurs. Je me fais opérer et là une nouvelle anecdote :le chirurgien m’avait conseillé beaucoup de natation et de monter et descendre des marches ; comme j’étais en vacances dans mon ile de Ré, la natation pas de problèmes. Pour ce qui est des marches, le matin Jacqueline m’accompagnait en voiture au phare de St Clement et m’attendait pendant que je gravissais les 280 marches du phare ; un jour en parlant avec le gardien du phare, celui-ci lui a expliqué qu’il y avait un « fou » qui venait presque tous les matins grimper en haut du phare .surprise pour ce brave homme quand elle lui a annoncé que c’était son mari et qu’il se rééduquait !!!!

En sept j’ai fait 246 matches officiels, Meilleure place en 1e Divisions 3e 1967-68 Elu 1e Défenseur central aux étoiles France Foot, champion de France seconde Division en 1968-1969 avec le record de buts de tout les temps, deux demies finales de coupe de France, plusieurs quarts de Finale. Bien sûr c’est l’œuvre d’une équipe mais j’étais titulaire de cette équipe et j’en suis fier. J’ai vu passer cinq entraineurs Pasquini, Lacoste, Louis Hon, Leduc, Nagy mais aucun de la qualité de Paul Jurilli à La Rochelle mais je manque sûrement d’objectivité car je lui dois de m’avoir sorti de l’usine et de m’avoir mis le pied à l’étrier du Football pro.

Moments forts de ces sept ans à Angers :
Je ne dirais pas les copains car dans tous les clubs que j'ai faits comme joueur, l'ambiance a toujours été super.
- Mon but à mon match d'essai.
- Voyage au Zaïre.
- Voyage en Pologne derrière le rideau de fer.
- Nos cours du soir de comptabilité.
- Les péripéties de la seule grève du foot pro.
- Les baskets de Guillou.
- Les citations de M. Abel Doizé.
- Le coup de la coupe de Champagne dans les vestiaires avec Thierry Roland.
- La descente évitée en 1964-65.
- Comment je suis passé de devant à défenseur.
- Comment je suis parti du SCO au Red Star après un accident.
- Comment j'ai perçu mes entraîneurs.
- Comment j'ai vu les joueurs, les dirigeants, le public, les journalistes.

A suivre...

jeudi 23 décembre 2010

Les métiers du football (épisode quatre)

Mes 7 ans au SCO d'Angers (2)


Saison 66-67. Arrivée de Margottin, Dubaele viennent renforcer notre équipe et nous finissons 3e du championnat de France meilleure place de tous les temps du SCO Angers en première Division et je le souligne tout de même je finis en tête des étoiles France football des arrières centraux et 10e tous postes confondus et meilleur Angevin. Mais en fait je jouais demi récupérateur, j’étais un libéro devant mon arrière central Zizi Chlosta, au SCO nous jouons sans libéro. René Gallina notre gardien disait que c’était lui le libéro. Après cette belle saison le SCO est demandé pour faire des matches Amicaux intéressant, c’est au Parc des Princes contre Benfica, en Pologne derrière le rideau de Fer à Varsovie contre l’équipe Nationale de Pologne qui prépare la coupe du monde, au Zaïre à Kinshasa contre les champion du Pays et L’équipe Nationale.

Saison 1967-1968. naissance d’Hélène le 30mars 1968, un soir de match dans une clinique d’Angers !-le président du SCO, le docteur Kerjean était venu à mon domicile examiner Jacqueline avant son départ pour la clinique et nous avait affirmé que nous allions devenir parents d’un petit footballeur….Hélène je vous l’assure est une ravissante jeune femme(elle adore le foot au travers d’un de ses fils Jules)

Avec la même équipe plus le renfort d’Yvan Roy ,le meilleur ailier gauche du moment nous trouvons le moyen de descendre en seconde division, mystère du football, mais tout de même beaucoup de blessés cette saison là . Il faut attendre la dernière journée, nous descendons d’un but au goal-average et pourtant nous gagnons le dernier match à Aix en Provence 8 à 1. A quelque chose malheur est bon, puisque cette descente nous a permis de finir champion de France deuxième division en battant au passage le record de tous les temps des buts marqués et de finir avec 12 points d’avance sur Angoulême qui d’ailleurs avait dans ses rangs le meilleur buteur de seconde Division de tous les temps en la personne de Gérard Grizetti (maintenant Président des plagistes de Cannes…et oui !)Demi finaliste en coupe de France contre Marseille, perdu 2 à 1 après prolongation en match aller - Retour. L’entraineur était Louis Hon.

Saison 69-70 Départ de Chlosta et Deloffre, le départ de ce dernier permet la titularisation de Jean Marc Guillou par Louis Hon. Quelques anecdotes sur Jean Marc qui fut avec Raymond Kopa une des figures les plus marquantes du SCO. Il arriva au Club en 1964 comme moi, mais il eut du mal à s’imposer pour deux raisons principales : la première est que nous avions un milieu de terrain très fort : Poli- Dogliani -Deloffre - Pottier déjà un des quatre faisait banquette. La seconde raison est que Robert Lacoste le trouvait bon mais trop nonchalant, ce qui était un peu vrai mais sa classe compensait nettement ce défaut. En début de saison un match amical ( il n’était pas encore titulaire) mon Jean Marc va s’échauffer avec des baskets, jusqu’à là pas de problème, on va rentrer sur le terrain pour le match et Jean Marc avait toujours ses baskets
- tu ne vas pas jouer avec tes baskets ?
- pourquoi ? Si ! Je n’ai que ça. !
Il n’avait pas la mentalité du joueur qui veut s’imposer à tout prix. N’importe quel autre aurait fait en sorte que ! Son Premier match fut à Nantes et pour la Photo Dogliani s’agenouille et impossible de se relever, on fait appelle à notre ami Jean-marc par haut parleur car il était remplaçant et c’est l’un des joueurs qui lui prêta une paire de chaussures pour jouer et ce jour là il fit un malheur et nous avons gagné 1 à 0, première défaite du FC Nantes depuis quatre ans sur son terrain. Jean Marc s’imposa vraiment au niveau National après mon départ en 1971 et surtout à Nice et avec l’arrivée de Kovacs comme sélectionneur qui fit appel à ses services en équipe de France. En cours de Saison 69-70 Lucien Leduc remplace Louis Hon. 7e au classement ce qui n’est pas mal mais c’est le match d’appui de coupe de France à Nîmes qui marquera cette saison, après notre victoire de 2-0 à Bastia et la défaite à domicile 3à1 match d’appui à Nîmes et nous menions 3 à 1 quand les supporters Bastiais envahissent le terrain mettent KO l’arbitre et nous agressent sans que les CRS à quelques dizaines de mètres interviennent après quelques échanges musclés nous trouvons refuge auprès des CRS qui n’avaient pas bronché. Bien sûr condamnation à mort pour le prochain match à Bastiat.

A suivre...

mardi 21 décembre 2010

Les métiers du football (épisode trois)

Mes sept ans au SCO d’Angers (1)


Ma première année fut difficile mon style de jeu ne correspondait pas avec celui du SCO et cette année là l’équipe avait été changée de fond en comble. J’étais un joueur d’engagement et il me fallait des ballons en profondeur qui n’arrivaient jamais, car c’est bien connu que au SCO c’est le jeu court, en plus nous étions trois centre-avant, Tulik un jeune qui venait de Trélazé et qui avait beaucoup de qualités, Sansonetti un vieux briscard de la 1e Division et moi, un coup je jouais, la fois suivante j’étais remplaçant.

Je me suis marié en début de saison avec Jacqueline qui deviendra la maman d’Hélène ma fille. Nous nous trainions en fin de classement à cinq matches de la fin, je suis rentré à nouveau et miracle j’ai marqué cinq buts et nous avons remporté cinq victoires et non seulement nous ne sommes pas descendus mais nous avons évité les barrages. Ce qui faut noter c’est qu’il a fallu que je change mon style de jeu pour m’adapter à celui du SCO. Cette année là nous prenions avec quelques joueurs des cours du soir de comptabilité et je pense que ça n’a pas été inutile car par la suite nous avons eu des activités commerciales enfin si çà nous a pas fait de bien, çà nous a pas fait de mal.

Ma seconde année au SCO est marqué par la Demi -finale de la coupe de France contre Nantes et mon changement de place sur le terrain. Devant la réussite de ma fin de saison les dirigeants me refont confiance mais les résultats ne suivent pas et à nouveau je me retrouve sur la touche et les dirigeants cherchent à me transférer d’abord à Marignane qui joue en seconde division mais désaccord salarial et le transfert ne se fera pas. Puis au Racing qui joue en seconde division sans suite. A l’arrivée au club de Robert Lacoste je rejoue dans l’équipe et à St Etienne nous perdions 3 à 0 à la mi-temps Robert Lacoste nous permute avec Jean Pierre Dogliani, je passe en milieu de terrain et lui avant centre, le match suivant je rejoue à ce poste contre Sedan nous gagnons 2 à 0 et là ma nouvelle carrière commence, je ne quitterais plus ma place de titulaire jusqu’à mon départ sur blessure en 1971.

A suivre...

lundi 20 décembre 2010

Les métiers du football (épisode deux)

Sur 27 mois de service militaire j’ai fait 13 mois d’Algérie ce qui me permet d’avoir ma carte d’ancien combattant sans avoir jamais tiré un coup de fusil. Après ces 27 mois de service militaire retour en France et je reprends mon activité de footballeur au Limoges FC qui joue maintenant en seconde division avec comme entraineur Maurice Blondel ancien entraineur du SCO Angers. Celui-ci fait confiance aux jeunes et rapidement je trouve ma place à l’aile droite de l’attaque saison moyenne, montée en première division de Nantes et St Etienne ! Pour la petite histoire nous battons Nantes à Beaublanc 4 à 1. Notre fait d’armes : nous accédons au quart de finale de la coupe de France contre le ‘’ Reims ‘’ de la grande époque à Bordeaux ; à 10mns de la fin nous menions 3 à1 Reims égalise dans les dernières secondes et nous perdons aux prolongations. La saison suivante Bako Touré (Père de José Touré) vedette de notre équipe est transféré au FC Nantes ce qui me permet de jouer avant centre. Saison 1963-64 moyenne également mais je marque des buts et en jouant quelques fois en milieu de terrain.

En fin de saison le SCO me demande et je vais faire un match amical avec eux comme avant centre contre l’équipe de Hong Kong, je pars le matin de Limoges avec ma dauphine, je joue nous gagnons 2 à 0 et je marque les deux buts .Tellement heureux je reviens à Limoges aussitôt, pour l’annoncer à mon « amie » Jacqueline que je vais épouser en novembre 1964 et elle deviendra la maman de ma fille Hélène quatre ans plus tard. Au retour de ce match mémorable je m’endors au volant et en roulant sur le bas côté dans une saignée, je tape ma tête au plafond ce qui a pour effet de me réveiller et je réussis à rétablir ma dauphine et je finis de rentrer en laissant ma tête en dehors de la portière pour ne pas me rendormir à nouveau.

Avant de partir de Limoges je recommande mon petit frère Franck au Limoges FC il y passera une saison sans succès mais Franck veut venir avec son ami Pierre Salviac à Limoges qui par l’intermédiaire de mon Père fait quelques piges sur le foot dans la Charente libre. Maman prenant sa plus belle plume écrit à Claude François responsable de l’information à l’ORTF régional prétextant notre amitié, pour lui demander de prendre Pierre comme Stagiaire et il accepte. Quelques année plus tard Claude François me redonna cette lettre et m’a dit avoir était ému par cette missive et donner un avis favorable à sa demande. Bien Pierre a su profiter de cette chance pour réussir son formidable parcours. Puis après ma carrière de Footballeur on s’est perdu de vu quelques années !
http://scoangers.iougs.com/joueurs/142-jacques-mouilleron/1851-mouilleron-angers-benfica-1966-67.html
A suivre...

jeudi 9 décembre 2010

Les métiers du football (épisode un)

N’ayant été recruté que quelques jours avant mon service Militaire 1e Juillet 1960 je ne peux pas aller au bataillon de Joinville, je suis appelé à Montluçon dans le Matériel pas très loin de Limoges. L’équipe locale qui joue en CFA cherche à me recruter, mais je n’ai qu’une idée jouer en pro. Par contre je suis obligé de m’entrainer seul, nous avons de nombreuses mutations en CFA et en plus je ne suis jamais aux entraînements, je joue une fois de temps en temps en Amateurs. Alors une chose incroyable va se produire, du jamais vu dans le milieu professionnel. Un match amical à lieu entre l’équipe de Montluçon et Les Pro de Limoges avec sur place l’entraineur Flamion qui me fait jouer et il se trouve que nous gagnons 6 à 0 et je marque 3 buts. Sans connaitre mes équipiers, ne m’étant bien sûr jamais entraîné avec eux, Flamion me fait démarrer en championnat à Nîmes alors que je ne suis pas titulaire en CFA en plus comme ailier gauche et mon pied gauche me servait uniquement pour monter dans l’autobus. Après ce match j’ai pensé sincèrement que le professionnaliste était fini pour moi, d’ailleurs je n’ai plus été convoqué dans aucune équipe et je ne touchais plus mes d’indemnités mensuelles. Comment un entraîneur de la qualité comme Pierre Flamion a pu arriver à une telle ineptie, il fallait vraiment que l’équipe soit malade, d’ailleurs elle est descendue malgré le renfort à l’intersaison d’Yvon Goujon. C’était mon premier match professionnel. Il faut attendre la fin de saison pour que je sois convoqué à nouveau pour faire monter l’équipe 3 en DH évidemment avant de jouer j’ai demandais qu’il me règle l’arriéré de ce qu’ils me devaient, ce qui fut fait et l’équipe est montée ! Nous avions dans nos rangs un certain Guy Roux !

Après un an de service militaire en France je suis envoyé en Algérie à La Sénia à 10kms d’Oran. Un club de division d’honneur me demande le CDJ où nous signons une licence avec mon copain Bob Garret ; dans ce club jouait également un autre pote que je devais retrouver en pro à l’OGC Nice Jean Pierre Teysseire. Nous avions une petite indemnité comme argent de poche et une chambre pour les week-ends. Malheureusement à la fin de l’année 1961 toutes les manifestations sportives ou autres furent interdites et ce fut la fin de notre saison footballistique en Algérie, nous nous sommes recentrés sur les actions de maintien de l’ordre et de surveillance des édifices publics. Deux soldats de notre unité ont été tués, le vaguemestre tombé dans un barrage au petit lac d’Oran, et un autre camarade tué par l’OAS pour lui prendre son pistolet mitrailleur.

Deux anecdotes de cette période : Nous gardions la télévision à Oran et nous surveillions l’antenne de télévision avec des gardes mobiles car l’OAS pour passer ses émissions pirates devait faire sauter l’antenne de l’ORTF et malgré notre surveillance ils trouvaient toujours le moyen d’arriver à leur fin. De plus nous gardions un dépôt d’armes et il y avait deux semi-remorques remplis d’armes dans la cour du dépôt qui attendaient que le convoyeurs en prennent livraison ; cinq minutes avant l’heure des convoyeurs sur présentation de documents en prennent possession et cinq minutes plus tard d’autres convoyeurs viennent chercher ces camions d’Armes, ils avaient les vrais documents, malheureusement l’OAS sur présentation des faux avait embarqué les armes. Une partie de l’armée professionelle était complétement infiltrée par l’OAS.

A suivre...

mardi 7 décembre 2010

Enfance et adolescence (épisode sept)

Pour revenir au Foot : ma première licence à l’Entente Sportive Rochelaise je l’ai eue en minimes, mes premières chaussures à bout dur avec les crampons cloutés je les avais achetés d’occasion 5 francs (les anciens de 1952) lorsque nous jouions sur les terrains secs les pointes des crampons nous rentraient dans la plante des pieds, mais malgré tout nous remportions des victoires fleuves, je me souviens d’un 16 à 0 contre Aytré et j’avais dû marquer 9 ou 10 buts. En minime 2e Année je jouais avec les cadets et en cadet 1e année je jouais avec les juniors et nous avons été en 8e de Finale contre Angers après avoir battu le FC Nantes au tour précédent avec pour capitaine Jean Claude Chaumeton mon Ami de 55 ans et Bridgeur émérite. Puis en cadet 2e Année je jouais en Promotion d’honneur surtout par manque d’effectif mais ce qui m’a permis de me frotter aux adultes. Par contre la déception était là, non sélection en cadets de la Charente Maritime.

Parallèlement j'était un supporter de ma soeur Monique qui jouait au basket à Rupella en National et souvent j'allais à la salle de l'ancien Ancan qui est maintenant la maison de la culture( c'est là que j'ai commencé à entendre parler de Jacques Cailleteau avec qui je roule avec les Randonneurs Rochelais) .Yannick Stéphan qui était la vedette local avant de devenir une vedette Nationale, elle venait voir Monique à la maison et j'en était un peu amoureux mais là je faisait déjà une erreur de jugement car son but était certainement de séduire Monique ! Qui je vous rassure n’y était pas sensible !

Sur le plan des études ce n’était toujours pas brillant et après une année au collège technique, je suis parti au centre d’apprentissage des Chantiers Navals de La Rochelle - Pallice et je passais mon CAP de tourneur sur métaux, rien d’emballant pour l’avenir ; enfin il faut bien des manuels pour l’industrie on ne peut pas être tous dans le secteur tertiaire. Puis j’ai travaillé aux chantiers navals à La Pallice 18 mois.

Ma première année Juniors arrivée de Paul Jurilli et remontée en Promotion d’honneur. Seconde Année Juniors montée en division d’honneur et quart de finale de la coupe Gambardella, et comme récompense voyage à Paris, finale de la coupe de France à Colomb Sochaux - Le Havre gagné par Le Havre club en seconde division et soirée mémorable au Bobineau pour voir une revue et nous nous sommes retrouvés sur scène pour danser le French cancan. Super souvenir à 18 ans.

L’année suivante en Division d’honneur et Paul Jurilli nous envoie à un stage avec Gilles Barreau au Racing club de Paris, sans résultat positif, avec nous à ce stage Carnus futur gardien de St Etienne et de l’équipe de France également recalé. Mais les exemples de recalage sont nombreux les derniers en date Ribéry recalé par plusieurs clubs, Valbuena recalé par les Girondins, même Platini fut recalé, etc….Mais le positif de l’histoire, nous avons cotoyé Ujlaki, Cisowky, Grillet, Bollini, Pillard etc… vedettes de l’époque, on apprend toujours au contact de ces joueurs même sur une courte période.

La Saison 1959-60 fut une année de réussite, toujours en division d’honneur, Stage à Limoges qui joue en Première division avec les Remetter, Sauvage, Hatchi, Cornuel, etc…, un matin du mois de Mai, j’étais sur mon tour en train de travailler et je vois débarquer Monsieur Dubreuil directeur sportif du Limoges FC qui me dit « ramasse tes affaires et tu viens avec moi à Limoges » , j’ai cru que le ciel me tombait sur la tête, je serais parti à genou jouer en professionnel et gratuitement en plus. Un peu plus tard demande de Lens et St Etienne, mais Limoges jouant la tête de la 1e Division et ayant ma copine à La Rochelle, je préfère ne pas trop m’éloigner de la région. Sélection départementale, sélection du Centre Ouest alors qu’en Cadet je n’avais jamais été retenu. En fin de saison je fais des matches amicaux avec l’équipe pro du Limoges FC dont un à Philippeville en Algérie contre une équipe Espagnole. Premier choc dans ce Pays en guerre à laquelle je participerai quelques mois plus tard.

A suivre...

mercredi 24 novembre 2010

Enfance et adolescence (épisode six)

Une nouvelle vie commençait. J’allais à l’école du quartier, mes parents n’avaient pas plus de moyens qu’auparavant. Lorsque nous allions faire les courses nous avions un carnet de crédit et Maman réglait l’épicerie en fin de mois et quelquefois le salaire du Père ne suffisait pas, ce qui mettait Maman en larmes. C’est vraiment à St Maurice, dans la rue et sur la place que mon apprentissage de football commence, bien sûr au détriment de l’école car pour aller le plus rapidement possible retrouver mes copains de jeu, il n’était pas question d’apprendre ses leçons où faire ses devoirs. Maman me demandait bien si je les avais fait mais je répondais toujours par l’affirmative, mais comme elle était toujours débordée par ses conditions de travail pour neuf personnes, sans machine à laver le linge, la vaisselle, etc….et un enfant en bas âge, elle n’avait pas le temps de vérifier. Le Samedi nous donnions nos affaires de la semaine pour qu’elle puisse les laver afin de les avoir propres pour le Lundi. Nous avions les affaires de la semaine et celles du dimanche.

J’échappais donc sans problème à la corvée des devoirs. Evidemment les résultats scolaires étaient catastrophiques et mes parents prirent la décision de me mettre à l’école Notre Dame à La Rochelle, qui était située à environ 3 Kilomètres de St Maurice. Les résultats ne furent pas meilleurs la première année, par contre j’améliorais ma condition physique. J’avais une carte de transport de bus me donnant le droit à deux voyages par jour, les deux autres je les faisais en courant pour m’entrainer. Les jeudis il n’était pas question que j’aille à l’école de Foot, Maman s’y opposait, il fallait que je sois Louveteau, puis plus tard scout. Un jour j’ai décidé de braver l’interdiction d’aller au foot et je sortais de la maison en scout et je mettais foulard, chapeau etc … dans le sac à dos et j’allais à l’école de foot seule école où j’avais des aptitudes et mon père qui avait repéré mon manège se fit complice de ma supercherie. Maman finit par accepter ma passion pour ce jeu et devint plus tard une de mes supportrices acharnées, elle ne manquait pas un match. J'étais fou de foot, je vous ai parlé de la boxe mais j'adorais également le vélo et lorsque je pouvais subtiliser le vélo de Maman je faisais des courses de quartier entre copains. Lors de l'arrivée du tour de France au vélodrome ce devait être en 1949....je me rappelle de Fausto Copi, aprés cette étape je suis parti avec le vélo de Maman à Luçon et je suis rentré le soir dans la pénombre de fin de journée complétement carbonisé et je vous dit pas l'avoinée que j'ai reçue et au lit sans manger mais devant tant d'injustices et la non - reconnaissances de l'effort réalisé, j'ai sauté par la fenêtre du 1e étage là où se situait la chambre des garçons et j'ai éré dans les rues comme une âme en peine et vers minuit je suis rentré tout penaud et mes parents m'attendaient mort d'inquiétude . C'était déjà l'aventure !

Ma seconde année à Notre Dame changea du tout au tout, avec le changement de Maître le Frère César qui était soit dit en passant un précurseur de l’abolition de la peine de mort dans les années 1952 soit 29 ans avant Miterrand (9 octobre 1981). Il se mit dans la tête de me faire travailler pour quelles raisons ? Par amitiés peut être et qui aime bien châtie bien, il employa pour cela des méthodes barbares. Dés que je ne savais pas une leçon ou je ne faisais pas un devoir je restais renfermé dans la classe entre midi et deux heures et à la reprise on m’amenait un verre d’eau et un morceau de pain, bien sûr avec l’accord des parents. Le résultat fut que des dernières places j’étais remonté en tête de classe. Les années suivantes je les fis en roue libre, bien sûr j’ai eu mon certificat, j’ai réussi mon concours d’entrée en quatrième du collège Technique. Cette anecdote m’a permis de me rendre compte que dés qu’on travaille un peu qu’on fait des efforts ou dans le sport qu’on s’entraîne sérieusement, il y a toujours des résultats. Cette description de notre vie familiale à l’air très dur mais il y avait beaucoup d’amour entre nous et nous avions une Maman formidable ! Pour rien au monde je n’aurais changé ma vie. Puis dans les années 1955 notre situation économique évolua, ma sœur Nicole se marie, Monique et Jacqueline travaillent. Mon Grand Père mourut et Maman hérita de son Papa ce qui permit à Franck et Gilles de passer une jeunesse plus confortable.

A suivre...

vendredi 19 novembre 2010

Enfance et adolescence (épisode cinq)

Ma Maman allait mieux, le commerce bradé, les Parents sans le sou. Mon Père passa un concours pour devenir fonctionnaire territorial à la Mairie de La Rochelle. Ils ont donc déménagé pour aller habiter à Aytré petite commune à côté de La Rochelle. La bonne nouvelle fut que la famille fut réunie, mais mon Père avait un salaire de misère, les allocations familiales n’étant pas ce qu’elles sont actuellement, six enfants, mes Parents avaient d’énormes difficultés financières. Pour situer notre niveau économique : J’étais enfant de chœur et lorsqu’il y avait un mariage ou un baptême on me donnait la pièce et dès que je rentrais à la maison Maman les récupérait pour améliorer l’ordinaire. J’étais par ailleurs un bon joueur de billes et évidemment j’en gagnais pas mal, je me souviens en avoir vendu pour que Maman puisse acheter des légumes pour mettre dans le pot au feu. Mais malgré tout c’était le grand bonheur de pouvoir à nouveau vivre avec la famille réunie.

Je n’ai pas encore de souvenir de football en tant que joueur, mais de spectateur, mon Père me montait sur son vélo et nous allions à La Rochelle (St Maurice) voir des matches de Division d’Honneur. Je rencontrais encore un demi-siècle plus tard un bon bridgeur M. Renouvelle qui était un joueur de Foot de cette époque. Je m’asseyais sous la main courante et je suivais avec assiduité le déroulement de la rencontre, et j’ai le souvenir d’un défenseur qui a dégagé son camp en aveugle, ce qui a eu pour effet de m’envoyer le ballon en pleine figure et de me mettre KO. Cet accident eu un effet bénéfique plus tard dans ma carrière de défenseur en Pro, je m’efforçais toujours de faire une relance propre et de ne pas renvoyer le ballon dans les tribunes. Autre souvenir : ma première séance de cinéma à Aytré ‘’ Les Chevaliers du ciel’’ film d’actions de guerre par de parachutistes où les bons l’emportent sur le méchants, normal dans notre société encore judéo - chrétienne ! Un gros regret : Il y avait une fête organisée sur la plage d’Aytré et un combat de boxe d’enfants devait avoir lieu et je devais y participer, le mauvais temps ne le permit pas et j’en fus très triste. J’ai toujours adoré ce sport viril, qui demande beaucoup de courage, d’adresse, de stratégie, de vivacité, et surtout beaucoup de fairplay, après un rude combat, je trouve émouvant de voir ces deux combattants se donner l’accolade et d’être amis.

Un moment douloureux dû aux mauvaises conditions sanitaires de notre logement : nous prenions notre bain dans la pièce à vivre et Maman avait mis une bassine d’eau bouillante pour prendre notre bain et avant qu’elle ait eu le temps de mettre de l’eau froide, mon frère Franck qui devait avoir deux ou trois ans tombe malencontreusement dedans. Brulé au 3e degré, il est resté entre la vie et la mort quelques semaines et grâce à Dieu ou à la chance il s’en est sorti.

Pour terminer le tableau, Maman retombe enceinte de cette fois le petit dernier Gilles, ce qui donna deux choses positives. La Première est que nous aimons tous notre Gillou et la seconde çà a permis d’obtenir un logement HLM à La Rochelle plus précisément à Saint Maurice prés du fameux terrain de football qui m’avait fait voir trente six chandelles. Nous déménageons en 1949, ce n’est pas les grands ensembles comme actuellement mais de petites maisons, avec trois chambres : Une pour mes quatre sœurs, une pour les trois garçons et une pour les parents et une pièce à vivre de 16m2 pour 9 personnes, une petite cuisine et salle de bain. Ma sœur aînée Nicole y habite toujours.

A suivre...

jeudi 18 novembre 2010

Enfance et adolescence (épisode quatre)

Une nouvelle aventure commence chez mes grands Parents. Je vais vivre un an et demi chez mes grands Parents Maternels, dans l’Ile de Ré au Bois plage, le temps que Maman mette au monde Franck et se rétablisse.

Bien sûr pour un enfant, la sortie du contexte familial est difficile, même si c’est pour vivre avec ses grands parents, que dire alors des enfants qui vont à la DASS ? Et puis c’était en attendant une amélioration de la situation familiale. J’adorais mon Grand Père qui était un homme doux et bon, dans les moments difficiles et notamment dans mon tour d’Europe j’ai fait appel à lui….et j’avais l’impression qu’il me venait en aide, bien sûr c’est uniquement psychologique. Ma grand-mère se plaignait et me fâchait souvent, il faut dire que j’étais un enfant turbulent mais somme toute, il me reste beaucoup de bons souvenirs et les mauvais on a toujours tendance à les occulter c’est une question de tempérament, c’est bien connu pour certains la bouteille est à moitié vide pour d’autre à moitié pleine.

Mes grands Parents étaient agriculteurs, ils cultivaient beaucoup de vignes, des pommes de terre, et quelques légumes. La vie n’était pas facile. A l’époque peu de voiture, bien sûr il y avait le petit train qui traversait l’Ile de Ré de bout en bout, mis en service en 1898, il disparut quelques années après la guerre avec l’arrivée des autobus. Mon grand Père me racontait que la grande attraction avant la seconde guerre Mondiale était l’embarquement des condamnés au bagne qui étaient envoyés vers la Nouvelle Calédonie et la Guyane, ils quittaient l’Ile par le petit port situé derrière la citadelle, dans des barques pour prendre au large la ‘’Martinière’’ bateau qui était spécialisé pour l’évacuation des bagnards. Une grande partie de la population allait assister à ces départs, des bagnards célèbres sont passés, les Dreyfus, Sceznec, Papillon, etc…

L’apprentissage de la vie se faisait à la dur. La ferme des grands Parents étaient située au lieu dit le Roulant faisant parti du Bois plage mais à 3 kms de cette commune. Et je me rendais à l’école à pied quelque soit le temps, j’avais 6 ans. Bien sûr pas de chauffage à la ferme, si ce n’est le feu de cheminée dans la pièce à vivre et encore moins d’eau chaude. Je me souviens que mes grand Parents pour la première fois de ma jeune vie m’avaient emmené au cirque à Saint Martin situé à 4 kms de la ferme. Il avait attelé le bœuf à la charrette seul moyen de locomotion, il y avait toutefois un petit problème, c’était le passage obligé devant l’abattoir du boucher du Bois un certain M. Faucher et le Bœuf avait des difficultés à passer cet endroit maléfique, et il fallait descendre pour le tirer. Avec le même attelage nous allions sur la côte chercher le varech pour mettre aux pieds des vignes et on en profitait pour ramasser les seiches qui s’échouaient à l’époque personne ne voulait en manger, alors qu’actuellement c’est un plat prisé et couteux. Les modes changent avec les époques…

Des moments difficiles pour moi : Il y avait l’apprentissage de la lecture avec le Grand Père qui coinçait mes jambes pour que je ne bouge pas et j’avais un mal fou à me concentrer, à l’époque actuelle on m’enverrait chez un psy pour mon hyper - activité. Un autre moment difficile était les vendanges, je mangeais tellement de raisins plus ou moins sulfatés que j’avais des coliques monstres. Lorsqu’on revenait à la ferme, il fallait traverser la cour pour aller aux WC et les poules étaient là en liberté et j’en avais une peur bleue et il fallait que je choisisse entre ces deux maux et c’était un cauchemar.

Mes premiers pas de Footballeur je les dois à mon cousin Pierrot que j’adorais mais que deux femmes ont tout fait pour nous éloigner sa Mère et sa Femme qui ont toujours cherché à séparer nos familles. Pierrot était chez mes grands Parents lorsque sa Mère Cécile Bourget était malade. Il était mon aîné de quelques années et faute de mieux il m’entrainait dans ses parties de foot.

A suivre...

mercredi 17 novembre 2010

Enfance et adolescence (épisode trois)

Les premiers souvenirs de ma vie sont un peu fugaces. Lorsqu’il y avait du monde à la ferme mon Père amenait les visiteurs au chai et leur offrait à boire et j’ai voulu copier cette coutume et un jour je suis allé boire à la barrique, j’ai dû trouver la piquette Rhétaise très bonne car ce fut ma première cuite, je suis rentré à la cuisine en ouvrant la porte avec ma tête complètement saoul. Je ne suis pas devenu alcoolique pour autant. Je ne buvais pas que du vin, j’ai toujours été gourmand de tout, bien sûr c’est un vilain défaut mais de le savoir ne m’a pas corrigé et je n’ai pas toujours eu les moyens de ma gourmandise. En 1942 j’ai eu une quatrième sœur de deux ans plus jeune que moi, Marie-France on se voulait patriotique à l’époque Vichyste : Travail, Famille, Patrie ! Ma Mère me demandait de tenir le biberon de ma sœur et malgré çà l’entendant hurler, elle me surprenait en train de lui voler son lait. Devant son courroux j’allais me réfugier sous les pattes du cheval, ce qui la calmait immédiatement. J’ai toujours été assez indépendant et dès mon plus jeune âge je partais de la ferme mes chaussures à la main vagabonder dans la campagne.

Devant les difficultés grandissantes de l’occupation dans cette région, mes Parents prirent la décision d’aller se réfugier à Blanzac en Charente, une petite commune prés de Matha où nous avions un cousin curé. Mon Père trouva une place de chauffeur chez un minotier. Nous allions à l’école à Matha à 3 kilomètres de notre habitation, nous prenions un train de marchandise le matin avec la complicité d’un ami cheminot de mes Parents. Le soir nous revenions à pied avec mes trois sœurs, j’avais 4 ans c’était l’éducation à la dure, ce qui paraîtrait invraisemblable à l’époque actuelle. J’ai le souvenir d’un retour de l’école un soir dans la neige, il y avait des traces de sangliers, nous avions très peur, nous nous voyons déjà piétinés par ces fauves…ce ne fut pas le cas. Je garde également un souvenir de la libération de Matha, les Allemands fuyaient devant l’avance des troupes alliés et avaient évacué les lieux, la foule s’était rassemblée pour fêter sa libération, les drapeaux tricolores étaient de sortie et patatrac la rumeur enfle, les Allemands reviennent, affolement on enlève les drapeaux, une partie de la foule se disperse…c’était une fausse alerte.

La France libérée, mes parents n’ayant plus le goût de l’agriculture, envisagent de changer d’activité, ma mère se voit commerçante, mon Père transporteur, ma Mère s’y oppose prétextant qu’il serait trop souvent absent et qu’il n’y aurait plus de vie familiale. Ma Mère décide de tenter l’aventure commerciale. Ils vendent la ferme de La Flotte et achètent un multi-commerce aux Boucholeurs près de Chatelaillon : Epicerie, bar, Tabac, ils font même dancing le Samedi soir dans une petite salle des Fêtes contiguë au commerce. Ce fut le début de la descente aux enfers.
Les débuts commerciaux de mes Parents se passèrent normalement, Maman faisait tourner l’affaire et Papa allait à la pêche !mais le gros problème était leur impossibilité de réguler les naissances, ce que nous ne regrettons pas puisque nous sommes tous encore sur cette terre après plusieurs décennies. Trois enfants après trois ans de mariage, un autre alors qu’on est en guerre alors que mon Père est mobilisé sur l’Ile de Ré, un autre enfant au milieu de la guerre alors qu’il y a des problèmes de ravitaillement ; ils se lancent dans une nouvelle activité, plein d’ambitions et patatrac, maman est à nouveau enceinte, on ne peut pas dire qu’il ait vraiment assuré de ce côté. Maman non seulement est enceinte mais elle souffre de phlébites a une embolie pulmonaire donc dans l’impossibilité de travailler et de s’occuper de la famille car alitée pour plusieurs mois. Mes sœurs vont en pension, moi chez les grands Parents Maternels et la bonne s’occupe de la petite Marie France et du commerce et Papa va à la pêche. Evidemment l’affaire va au dépôt de bilan. C’est la catastrophe.

A suivre...

mardi 16 novembre 2010

Enfance et adolescence (épisode deux)

Nous sommes issus d’une famille Réthaise, mon Père avait fait des recherches généalogiques et il n’a jamais trouvé un membre de notre famille hors de l’Ile de Ré depuis plusieurs générations, ce n’est pas un titre de gloire, le manque de communications de l’époque dans une ile et dans un milieu rural ne le permettait pas. Au début du XXe siècle la grande majorité des Rhétais n’avaient jamais foulé le continent, donc ils se mariaient entre eux. L’ensemble de la population subsistait de l’agriculture (Vignes, pommes de terre asperges) pas encore de l’ostréiculture, un peu des marais salants et très peu de la pêche sauf peut être à St Martin et à la Flotte où se situent les deux grands ports de l’Ile.

Maman était originaire du Bois plage en Ré, ses parents étaient agriculteurs, mon grand Père avait créé une laiterie sans grand succès, il avait acquis au fil du temps pas mal de biens, toutes ses économies étaient investies dans la terre et la pierre. Sans être riches ils vivaient bien pour l’époque. Ils avaient pour voisins et Amis un couple de journalistes Parisiens qui avaient leur résidence secondaire sur l’Île, c’était les premiers estivants, ils s’étaient pris d’amitié pour Maman, et c’est ce qui lui avait permis de sortir de ce milieu agricole qui à cette époque n’était pas d’une grande richesse culturelle.

Papa était de la Flotte, pupille de la Nation, mon grand Père étant mort pour la France en 14-18. Ma Grand-mère s’était réfugiée dans la religion pour devenir une bigote au point d’échanger sa maison pour habiter place de l’église, elle voulait que mon Père devienne Curé ! Refusant catégoriquement cette voie, elle le retira de Fénelon pour le mettre à l’agriculture dans une propriété familiale ‘’ Coquereau’’ qui est devenue plus tard une colonie de vacances de Niort puis actuellement Maeva. Lors d’une traversée vers le continent sur un bateau qui à l’époque n’était pas le bac, ils allaient séparément à un congrès, ils se sont rencontrés pendant cette traversée et ce fut le coup de foudre et trois mois plus tard ils se mariaient et eurent beaucoup d’enfants….sept. La rencontre de ma Mère avec sa belle mère est anecdotique : Lors d’une soirée arrosée, ma Mère malgré l’avis défavorable de son fiancé a voulu connaitre sa future belle mère, étant un peu éméchée, elle ne donna pas une impression favorable à cette grande bigote, qui n’avait pas le sens de la fête et ce ne fut jamais le grand amour entre elles. Leurs trois premières années de mariage ont été couronnées de succès….trois filles en trois ans, Nicole, Jacqueline, Monique toutes au Bois Plage en Ré à l’époque pas de maternité on accouchait chez les parents maternels.

Le 3 Septembre 1939 faisant suite à l’invasion de la Pologne par les troupes Allemandes, la France et l’Angleterre déclarent la guerre. Il faut attendre le mois de Mai 1940 pour la bataille de Sedan et la France est envahie par les troupes Allemandes. Mon Père ne partit pas sur le front car pupille de la Nation et trois enfants en bas âge. Il fut tout de même mobilisé sur l’Ile de Ré pendant cette drôle de guerre. Ce qui explique ma naissance le 7 Juillet 1940 et toujours au bois plage en Ré chez mes Grands Parents. Ma petite enfance à La Flotte en Ré 1940-44 se passa sous l’occupation. L’Ile de Ré fut occupée par une nombreuse troupe Allemande, je pense que c’était un endroit stratégique, comme toute la côte Atlantique, il reste d’ailleurs beaucoup de vestiges du mur de l’Atlantique, notamment sur la plage de la conche aux Portes ; Zanuck y a tourné des scènes de débarquement du film ‘’le jour le plus long’’. Les occupants ont laissé des souvenirs atroces : La Gestapo, Klaus Barbie et consort. Mais ce ne fut pas toujours le cas, mes parents me racontèrent cette histoire : Un matin ma sœur ainée Nicole revenait de chercher du lait à vélo, car nous n’avions pas de vache à la ferme, un motard Allemand en voulant l’éviter se fracassa sur un pylône.

A suivre...

Enfance et adolescence (épisode un)

J’ai eu l’impression d’avoir quatre vies dans mon existence :
1. L’enfance et l’adolescence (20 ans)
2. Mon métier de Footballeur (20 ans)
3. Mon métier de commerçant dans l’article de sport (presque 20 ans)
4. La retraite (pour l’instant 12 ans et pourquoi pas 20 ans ? Mais ce n’est pas la solution pour le régime des retraites !)

Je vais raconter tout ça par petites doses (un article par jour ?). Commençons donc par mon enfance et adolescence avec en préambule un petit peu de philosophie.

A la mort de notre père, Lucien Mouilleron en Septembre 90, il nous légué sa maison de La Flotte en Ré, dont il avait lui-même hérité de notre Grand Mère Albertine Mouilleron veuve de guerre, son mari étant mort pour la France en 14-18. Mon Père fit ses études à Fénelon (La Rochelle) jusqu’à son Bac mais ne voulant pas rentrer dans les ordres comme ma Grand-mère le souhaitait il fut contraint de revenir à l’agriculture Rhétaise. Ses économies nous ont permis de rénover cette demeure et d’en faire une résidence familiale pour les sept enfants que nous sommes. Dans l’album familial que nous avons trouvé, il y avait des photos, que j’ai scannées pour les rentrer dans mon ordinateur et dans ces photos se baladait une carte postale de 1912 qu’avait écrit mon Grand Père paternel (Cécilien) lorsqu’il était militaire. C’est ce qui me donne l’idée de laisser une trace du passé à mes petits enfants Jules et Paul. Je pense que de laisser une trace de cette vie atypique peut les intéresser, mais cette vie aurait pu être assez banale. Je pense avoir réussi ma vie en fonction des qualités et défauts que la nature m’a donnés, bien sûr j’aurais pu être intelligent, grand, beau, etc … Epictéte à dit "Ne veux (n’essaie) pas que ce qui arrive comme tu veux, mais veux ce qui arrive comme il arrive, et tu couleras des jours heureux. " Antoine de Saint-Exupéry a dit également « si tu n’as pas ce que tu aimes, aimes ce que tu as ». Mon peu de disposition pour le travail scolaire aurait pu être catastrophique pour mon avenir mais comme je l’écrivais précédemment : On est pas responsable de ses qualités intellectuelles, caractérielles où physiques ? On peut les améliorer mais difficilement les changer fondamentalement ? Vaste débat.

Aux yeux des autres cette vie peut apparaître comme un échec matériel et sentimental, toujours est –il que je l’ai traversée sans trop d’exigences avec le sport comme religion ce qui m’a donné beaucoup de bonheur. Cette recette peut paraître simpliste, mais laissons les philosophies plus élaborées aux intellectuels. Toutefois un regret : ne pas avoir assez fait plus pour les autres, mais pour me déculpabiliser je pense être l’humain basique et que se consacrer aux autres est un sacerdoce.

A suivre...